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C’était l’un des transferts les plus inattendus de ce « mercato » estival : l’arrivée d’Aïda Touihri à la tête du magazine culturel de France2. Celle qui avait un JT (le 12.45) et une émission d’information emblématique sur M6 (66 minutes) n’a pas hésité à prendre des risques en cette rentrée. Car prendre la tête de l’émission culturelle de France 2 est très risqué. Guillaume Durand n’a aujourd’hui plus d’émission et Franz-Olivier Giesbert a vécu une saison très calme, mais revient bientôt sur France3. Quant à la dernière en date, Elizabeth Tchoungui, elle est reléguée sur France Ô, et comme le disait le penseur : France Ô … rage, France Ô désespoir, France Ô échecs ennemis (oui je fais des blagues culturelles puisque nous sommes dans ce contexte).

 

Malgré les destins tumultueux de ses prédécesseurs, Aïda Touihri a donc choisi de présenter Grand Public la nouvelle émission culturelle de France 2. Mais elle a sans doute fait ce choix en étudiant bien le projet porté par Black Dynamite, société de production (dont le nom est inspiré d’un titre de film) créée par Eric Hannezo (ex-journaliste sportif sur France2 et surtout ex-directeur délégué de TF1 production) et Guillaume Lacroix (ex-présentateur et rédacteur en chef de 50min inside).

Et ce  qu’on peut dire c’est qu’Aïda Touihri a eu raison de leur faire confiance car Grand Public est une émission originale et différente.

 

Tout d’abord dans sa forme. Les plateaux ne sont pas tournés dans un traditionnel studio télé avec une grande table accueillant invités et chroniqueurs, mais sur une place…publique. Bien évidemment, ce n’est pas une vraie place publique mais une réplique très agréable visuellement (pas de sensation de décors en carton pâte comme dans certaines séries !!). Aïda Touihri accueille ses invités sur un banc…public ou dans une Cadillac… pas publique. Cela rend les échanges moins intentionnels et plus intimistes. Quant aux lancements, ils sont faits sur une caméra travelling. La présentatrice assise sur son strapontin se déplace en même temps que la caméra et, quelques fois, s’envole…Un petit regret tout de même, quand ses lancements sont censés se passer au milieu d’une interview, les invités ont fait place nette. Mais ces petits déboires de montage ne sont qu’un détail.

Côté reportage, la forme est aussi au rendez-vous. Nous avons plus l’impression d’assister à des mini-documentaires, parfaitement montés et mis en image qu’à des reportages classiques. J’ai d’ailleurs un petit faible pour la pause sur image sur le prochain intervenant afin de faire apparaître son nom.

Bref, on peut dire que la mise en image de Grand Public, c’est du grand art.

 

Sur le fond, j’avoue avoir eu une crainte en voyant le sommaire de l’émission. J’ai eu peur quelques instants que l’émission fasse un peu trop le grand …écart. Notamment, quand on veut parler à la fois de la saga Astérix, d’une expo Warhol et des Pussy Riots. Eh bien, on peut le dire Aida Touhiri sait parfaitement faire le grand écart !!! Car même sur un sujet déjà vu et revu comme la saga du célèbre petit gaulois (je ne parle pas ici de Nicolas Sarkozy), l’axe est différent et passionnant. Résultat, l’ensemble des reportages sont intéressants et accrocheurs. On peut ne pas s’intéresser à la culture avec un grand C et accrocher sur chacun d’entre eux.

Côté interview, on découvre le talent d’Aïda Touihri dans cet exercice. Souriante et pertinente, elle laisse parler ses invités et réussit à leur faire dire des choses qui sortent de la promotion traditionnelle.

Les chroniqueurs de l’émission ont quant à eux été savamment choisis pour leurs connaissances dans un domaine, comme Stéphane Boudsocq pour le cinéma ou Charlotte Lipinska pour le théâtre. Certains d’entre eux interviennent également dans les reportages pour des interviews, ce qui est vraiment pertinent.

Enfin, on peut aussi saluer également l’excellente idée de mettre un extrait de film culte comme générique de fin.

 

Je mettrais tout de même quelques bémols à ce concert de louanges. D’une part, la musique du générique Down the road de C2C qui est déjà pas mal utilisée dans d’autres émissions comme dans Fidèles au poste (cf article précédent), mais ce n’est qu’un détail. Le vrai problème réside dans la programmation. Une troisième partie de soirée (même si une troisième partie de soirée de France2 correspond à une seconde partie sur TF1), c’est un peu tard pour lancer une émission comme celle-ci. La programmer à 22h30 un autre soir de la semaine aurait été judicieux.

 

Espérons donc que France 2 laisse le temps à Grand Public de s’installer, le premier numéro ayant fait quasiment les mêmes résultats que Avant-premières la saison dernière, pour une fois que l’on nous propose une émission différente et qui tient ses promesses, ce serait dommage que la chaîne du service publique ne la brûle sur l’autel de l’audience.

 

Espérons également que France 2 profite un peu plus du talent d’Aida Touihri, pourquoi pas une place de joker au JT de 13h édition pour laquelle il manque un joker charismatique ? Même si j’aime bien Sophie Le Saint et Nathanaël de Rincquesen. Pour rappel, le dernier qui a quitté M6 pour être joker d’un journal s’appelait… Laurent Delahousse, cela lui a pas mal réussi.

Souhaitons donc à Aïda une belle saison sur France Télévisions et un destin différent de ses malheureux prédécesseurs.

Par Le Grain de SeB - Publié dans : France 2
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